Il est des moments où lâexistenceâŠ
Madame,
Je vous remercie pour votre message ci-dessous, dont la tonalité morale nâa dâégal que lâaisance avec laquelle les faits y acquiÚrent une souplesse dâinterprétation remarquable.
Vous évoquez « cinq mois de silence ». Lâexpression est élégante, presque littéraire. Elle présente toutefois lâinconvénient de ne correspondre à aucune réalité vérifiable. Je ne vous ai jamais laissés dans lâombre : courriels réguliers, réponses à vos relances, et même lâintervention dâune assistante sociale, qui vous a écrit pour vous informer des délais particuliÚrement longs liés au traitement des assurances obsÚques, en attestent. Jâétais en copie de cet échange. Parler dâ« injoignabilité » relÚve donc moins du constat que dâun procédé narratif commode, permettant dâattribuer à une famille endeuillée la responsabilité de lenteurs administratives dont chacun sait quâelles dépendent dâorganismes tiers.
Il est en effet plus confortable dâinvoquer un silence imaginaire que de rappeler que les assurances obsÚques sont notoirement longues à traiter les dossiers. Plusieurs établissements concurrents lâexpliquent dâemblée aux familles et adaptent leurs pratiques en conséquence, ce qui évite dâajouter une tension financiÚre à une épreuve humaine déjà lourde.
Concernant le chÚque déclaré impayé, vous omettez un élément pourtant signalé par écrit : mon carnet de chÚques était introuvable. Lâopposition relevait donc dâune mesure de sécurité bancaire, non dâune stratégie élaborée pour nuire à votre trésorerie. Ce nâest quâaprÚs lâannonce de votre intention de mandater un commissaire de justice que jâai sollicité une avance auprÚs de ma banque, ce qui mâa permis de vous verser 1 390 ⬠sur une créance de 2 690 â¬. Présenter cette démarche comme une fuite relÚve dâune interprétation pour le moins imaginative des faits.
Vous mentionnez avec insistance « lâénergie" et la « compassion » déployées par vos services. Permettez-moi une observation simple : lorsque lâon exerce dans le domaine funéraire, lâhumanité nâest pas un supplément dââme que lâon facture moralement aux familles ; elle constitue la base même du service. Si elle devient un argument rhétorique destiné à appuyer une relance, elle perd, hélas, ce qui en faisait la noblesse.
Je reconnais volontiers que Madame Caroline a su, à un moment donné, faire preuve dâune aide appréciable lorsque votre plateforme dâéchéancier était défaillante. Ce geste mérite dâêtre salué, précisément parce quâil a tranché avec la rigidité ressentie jusque-là .
Quant à votre référence appuyée aux avis en ligne, elle appelle une légÚre réserve. Le témoignage dâune consommatrice, Sylvie R., évoque lâexistence dâun tri préalable des commentaires avant leur publication sur votre site. Si cette pratique devait être confirmée, elle conférerait auxdits avis une harmonie remarquable, mais peut-être moins spontanée quâil nây paraît. Un service véritablement sûr de sa qualité nâa, en général, rien à craindre dâune parole non filtrée : la critique y est considérée comme une occasion de progresser, non comme un désagrément à lisser.
Vous concluez sur le respect « dans les deux sens ». Sur ce point, nous nous rejoignons pleinement. Le respect consiste aussi à ne pas réécrire les échanges, à ne pas transformer des contraintes administratives connues en défaillances morales, et à ne pas prêter à autrui des intentions qui arrangent un argumentaire.
Je demeure, pour ma part, dans une démarche de rÚglement, comme le paiement partiel récent en atteste, et dans lâattente que les organismes concernés finalisent enfin un traitement dont ni vous ni moi ne maîtrisons le calendrier.
Veuillez agréer, Madame, lâexpression de ma considération distinguée.

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